Victor Somma
Dans ma vie, le but de la composition a été d'apporter une partie de la réalité subjective de l'âme dans le monde matériel.
Une grande partie de ce que j'écris est inspirée par des textes sacrés, et je crois que c'est parce que la musique est un outil pour nous connecter à une réalité antérieure au discours, une réalité au-delà des compréhensions humaines de l'existence.
Bien que la musique ne soit pas une religion en soi, elle peut servir d'instrument de reconnexion (religare) qui, pour moi, atteint son plus haut but.
Au cours de mon parcours jusqu'à présent, j'ai eu la chance d'apprendre auprès de maîtres tels que Luc Van Hove, pendant que je faisais mon master en composition à la KU-Leuven en Belgique ; j'ai aussi beaucoup appris d'autres maîtres en dehors du contexte académique comme Egberto Gismonti et Antonio Guerreiro.
La flûte a été ma voix avec laquelle j'essaie de dire des choses que les mots ne peuvent pas exprimer.
Un jour, il y a de nombreuses années, j'ai fait un rêve dans lequel une femme mystérieuse jouait de la flûte avec une sonorité si spéciale que je ne l'avais jamais entendue. Depuis lors, je cherche un moyen de reproduire ce son et toutes mes recherches visent à découvrir comment réaliser dans mon jeu toute la richesse que mon subconscient m'a montrée à travers cette figure énigmatique.
J'ai eu la chance de rencontrer l'inspiration de maîtres tels que Curt Schroeter, Keith Underwood, Anders Ljungar-Chapelon et Philippe Benoit et de jouer dans différents orchestres sous la direction de Kurt Masur, Roberto Duarte et Noël Devos.
Cependant, mon chemin m'a éloigné des orchestres; mon investigation en tant que flûtiste se confond avec celle d'un compositeur.